SAISON 13 | 14 YUKONSTYLE

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© Elizabeth Carecchio

PRÉSENTATION

Le premier personnage qui m’a happée quand j’ai découvert Yukonstyle, c‘est le Yukon lui-même tant on a souvent, au cours de la lecture, la sensation que ce ne sont pas vraiment les hommes qui habitent ce territoire mais plutôt eux qui sont habités par lui. Il semble agir sur les êtres un peu comme le fleuve d’Au cœur des ténèbres de Conrad : il les domine autant qu’il les révèle à eux-mêmes. Les lieux dans lesquels Sarah Berthiaume choisit d’ancrer les histoires que je connais d’elle sont souvent isolés ou désaffectés, à l‘écart de la marche du monde – villes mortes (d’après le titre d’une de ses pièces antérieures), village de pêcheurs à l’abadon (sa première pièce, Le Déluge après). Peuplés de fantômes, ils gardent vive la mémoire d’un autre temps. C’est toujours, me semble-t-il, dans l’écriture de Sarah Berthiaume, à partir de ces lieux du repli que le monde se pense et que se réfléchissent notre civilation et notre modernité.

C‘est en ce lieu du monde, aussi lointain qu‘il nous est proche, que se retrouvent Garin, jeune métis amérindien de mère inconnue, Yuko, japonaise exilée, Dad‘s, père de Garin, vivant seul et sans emploi, et Kate, jeune adolescente en fugue traversant le Canada en bus. Raconter comment ces quatre solitudes déracinées, livrées à la déshumanisation d’un Occident vide de tout rêve, vont passer l’hiver du Yukon, traverser cette étrange initiation, et réinventer ensemble, sur les décombres de leurs vies en friche, une famille de hasard, une communauté de secours, une certaine forme d’espérance, est en soi un pari théâtral et une aventure humaine qu’il  m’a semblé important d’entreprendre et de partager.

Célie Pauthe

SARAH BERTHIAUME

Formée à l’interprétation dans l’option théâtre du collège Lionel-Groulx, cuvée 2007, Sarah Berthiaume est auteure, comédienne et cofondatrice de la compagnie Abat-Jour Théâtre à Montréal.

En 2006, son premier texte dramatique Le Déluge après, reçoit le prix de l’Égrégore (concours intercollégial d’écriture dramatique) et est mis en lecture lors du Festival Du Jamais Lu à Montréal. Il est sélectionné par la SACD pour être lu au Festival d’Avignon 2007, avant d’être créé, en 2008, au Théâtre de la Rubrique de Jonquière, puis, en version anglaise, en 2010, au Théâtre de La Chapelle, à Montréal.

Puis elle écrit Disparitions, créé au Théâtre du Double Signe (Sherbrooke) en 2012, Villes mortes créé au Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal) en 2011, P@ndora, créé par le Youthéâtre (Montréal) en 2012 et Les Orphelins de Madrid, créé au Petit Théâtre du Nord (Basses-Laurentides) la même année. Elle signe l’adaptation musicale de La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca en 2012.

Elle travaille également en tant que scénariste pour l’émission Tactik, sur les ondes de Télé-Québec. En tant que comédienne, on a pu la voir en 2010 dans Martine à la plage, un solo que son complice Simon Boulerice a écrit pour elle, en 2012 dans Disparu(e)(s), de Frédéric Sonntag, mis en scène par Martin Faucher.

Sa pièce Yukonstyle (lue en 2011 aux Francophonies en Limousin, en 2012 à Nouvelles Zébrures à Paris et à Text’Appeal à Lyon, en 2013 au Deutsches Theater à Berlin) est montée simultanément au Théâtre d’Aujourd’hui à Montréal et à La Colline – Théâtre National au printemps 2013, puis à l’automne, à Bruxelles, Heidelberg, Innsbruck et Toronto. Yukonstyle est traduite en allemand, anglais, espagnol et catalan.

DISTRIBUTION

De Sarah Berthiaume
Mise en scène Célie Pauthe

Collaboration artistique Denis Loubaton
Scénographie
Guillaume Delaveau
Assistant scénographie Tomoyo Funabachi
Costumes Marie La Rocca
Son
Aline Loustalot
Lumières Joël Hourbeigt
Images
Guillaume Delaveau, assisté de François Weber
Regard chorégraphique
Thierry Thieû Niang

Avec Dan Artus, Flore Babled, Jean-Louis Coulloc’h, Cathy Min Jung

Coproduction Compagnie Voyages d’hiver | La Colline – Théâtre National | Théâtre Vidy–Lausanne | Centre dramatique national des Alpes – Grenoble | Avec le soutien de la MC2: Grenoble | Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National | Avec l’aide du Consulat Général de France à Québec