SAISON 13 | 14 ORAGE

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© Pierre Grosbois

PRÉSENTATION

Une chanson de Suzy Solidor résonne. Sur scène, derrière des vitres qui semblent des barrières, un appartement, celui du Monsieur. Il n’a pas bougé depuis des années. Tout appartient à un autre temps, un temps que le Monsieur, personnage principal de la pièce voudrait retenir. Il vit avec l’efficace et silencieuse Louise, sa parente, qui le sert. Autrefois, il a été marié. Il a même eu un enfant, une fille. Mais il a quitté son épouse, trouvant celle-ci trop jeune pour lui. Désormais il est seul. Son frère, le consul, vient régulièrement lui rendre visite. Dans la cour vit un paisible pâtissier. Il semble que plus rien n’arrivera jamais. C’est d’ailleurs le rêve du Monsieur, incarné avec force par Jean-Claude Frissung, étrange homme qui voudrait que la vie soit telle qu’il la veut plutôt que telle qu’elle est. Pourtant de nouveaux locataires emménagent à l’étage… Le passé va être remué. Un orage gronde. Eclatera-t-il ? Tout est feutré dans cet Orage dont la grâce fait parfois songer à un conte. Grande pièce méconnue sur le temps, l’œuvre fait partie, avec Maison brûlée, La Sonate des spectres ou Le Pélican, des « pièces de chambres » écrites par Strindberg à la fin de sa vie sur le modèle de la musique du même nom. Comme leur créateur, les personnages de la pièce ont vieilli. Les passions ont été vécues. On ressent les choses mais on ne les dit pas. Derrière les hautes vitres de l’appartement du Monsieur, le temps semble enfermé dans une cage de verre. S’appuyant sur une distribution subtile, Jacques Osinski orchestre cette étrange attente, dialogue entre le temps passé et le temps à venir. Il nous donne à entendre un Strindberg apaisé, délaissant la rage et les cris pour une finesse et une retenue qui n’en disent pas moins…

AUGUST STRINDBERG

Johan August Strindberg est né à Stockholm en 1849. Avant tout dramaturge (une soixantaine de pièces), il a écrit également de nombreux romans et nouvelles ainsi que des récits historiques. Son génie se révèle dans La Chambre rouge (1879), premier grand roman, à la manière naturaliste, où il s’attaque aux divers milieux de la société de Stockholm et fait une critique sévère des institutions. Strindberg devient célèbre mais les critiques l’attaquent et bientôt sa fragilité psychologique le force à fuir la Suède avec sa première épouse Siri von Essen et ses filles. Pendant cette période, Strindberg rédige ses grands drames naturalistes dont Père (1887) et Mademoiselle Julie (1888). Ils rentreront en Suède en 1889, dans un climat de folie et de discorde, puis divorceront.

Strindberg part pour Berlin en 1892, où il rencontre Frida Uhl, journaliste autrichienne de vingt et un ans, qu’il épouse. En 1894, il vient à Paris et sombre de nouveau dans une période de folie qu’il décrira dans Inferno (1897). Sa femme rompt avec lui. Il revient ensuite en Suède, où il restera à Lund jusqu’en 1899. Sa production s’intensifie : il rédige notamment une série de drames historiques dont le plus célèbre est Gustave Vasa (1899), puis plus tard sa pièce fascinante Le Songe (1902). En 1899, il retourne vivre à Stockholm et s’éprend de la jeune actrice norvégienne Harriet Bosse ; ils se marient en 1901 mais divorcent en 1904. Il monte en 1907 son Théâtre intime, où il crée jusqu’en 1910 ses pièces intimes comme Orage, puis meurt en 1912.

La vie et l’œuvre de Strindberg ne font qu’un. Dans ses écrits, y compris ses drames historiques, on retrouve immanquablement des personnages, événements, amours et ressentiments ayant marqué l’écrivain. Son théâtre, remarquable par le relief des dialogues, a rayonné sur l’Allemagne, puis sur toute l’Europe.

DISTRIBUTION

D’August Strindberg | Nouvelle traduction René Zahnd (Editions Actes Sud)
Mise en scène
Jacques Osinski

Scénographie Christophe Ouvrard
Lumières Catherine Verheyde
Costumes
Hélène Kritikos
Dramaturgie Marie Potonet
Son Sébastien Riou
Construction du décor Ateliers du CDNA
Réalisation des costumes
Ateliers du CDNA

Avec Grétel Delattre, Jean-Claude Frissung, Michel Kullmann, Alice Le Strat, Baptiste Roussillon

Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble | Coréalisation MC2: Grenoble