SAISON 13 | 14 CHATTE SUR UN TOIT BRÛLANT

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© Christian Ganet

PRÉSENTATION

Derrière la façade de ce monument du théâtre, Claudia Stavisky nous ouvre les portes dérobées d’un labyrinthe dramaturgique fascinant. Au-delà des images mythiques des pièces de Tennessee Williams célébrées par Hollywood, on redécouvre une écriture profonde et moirée, d’une actualité aussi brûlante que son titre.
Dans l’atmosphère moite d’une étouffante soirée d’été, une famille de planteurs est réunie autour du patriarche, pour un anniversaire dont chacun sait qu’il sera le dernier. L’effluve entêtant des obsessions ordinaires fait éclater l’orage des sentiments. Les tensions entre les deux frères sont attisées par deux épouses aux tempéraments antagonistes. Chaque couple est lui-même soumis à sa tourmente interne.

Brick, le fils préféré, s’est réfugié dans l’alcool depuis la mort de son meilleur ami. Il ne touche plus Maggie qu’il tient responsable de cette disparition. Icône déchue de la virilité triomphante, l’ancien champion est tombé de son piédestal. Rongée par les non-dits, soumise à un pressant huit clos, la dérive familiale est face au précipice. Perchée sur la brûlure du désamour, Maggie symbolise cette quarantaine affective prête à exploser.

Tennessee Williams explore inlassablement la violence de la norme sociale et des sentiments bafoués, ce redoutable cocktail de frustrations inavouées aux effets dévastateurs et irréparables. Après Mort d’un commis voyageur, Chatte sur un toit brûlant est pour Claudia Stavisky le second volet d’une exploration du grand répertoire américain des années 50. Elle souligne le génie visionnaire de ces grands auteurs dont les pièces ne cessent d’éclairer le devenir de l’individu dans la société occidentale.

Stéphane Lebard

TENNESSEE WILLIAMS

Tennessee Williams est né en 1911 à Colombus dans le Mississippi sous le nom de Thomas Lanier Williams. Il passe son enfance avec sa mère et sa sœur Rose chez ses grands-parents maternels. Son père, brutal et alcoolique, est un voyageur de commerce souvent absent. De santé fragile, il commence très tôt à écrire des nouvelles et poèmes. En 1918, son père installe sa famille à Saint-Louis, dans le Missouri où il vit dans une relative pauvreté. Le Sud restera son refuge, notamment chez son grand-père pasteur avec qui il partira en voyage à travers l’Europe en 1928, voyage qui aura sur lui une influence décisive. Il coupe les ponts avec sa famille en 1937, lorsque Rose est internée pour schizophrénie et subit une lobotomie. Celui qui va prendre le nom de Tennessee Williams restera définitivement marqué par le sort de sa sœur. Réformé en raison de son alcoolisme, de son homosexualité et de ses troubles nerveux et cardiaques, il s’installe à La Nouvelle-Orléans puis à New-York où sa pièce La Ménagerie de verre est montée en 1945. Il connaît alors un succès immédiat qui sera confirmé deux ans plus tard par Un Tramway nommé désir mis en scène par Elia Kazan avec Marlon Brando. Jusqu’en 1961 et La Nuit de l’iguane, Tennessee Williams sera, avec Arthur Miller, le dramaturge le plus en vue de Broadway. Même s’il ne s’arrête jamais d’écrire jusqu’à sa mort en 1983, il ne connaîtra plus ensuite le succès de ses pièces des années 50 : La Rose tatouée (1950), Chatte sur un toit brûlant (1955), Soudain l’été dernier (1958), Doux oiseau de jeunesse (1959), toutes adaptées au cinéma et jouées par les plus grandes stars de Hollywood. Son œuvre théâtrale, largement autobiographique, met en scène des marginaux, des êtres égarés, inadaptés, qui se heurtent au conformisme social. Tous les personnages évoluent dans un univers à la fois naturaliste et symbolique, où l’humour le dispute au désastre, et dont il révèle la profonde solitude.
Tennessee Williams a obtenu deux prix Pulitzer : pour Un Tramway nommé désir et pour Chatte sur un toit brûlant. Il est reconnu comme un auteur et dramaturge majeur de la littérature américaine du XXe siècle. Ses pièces font l’objet ces dernières années de nombreuses reprises à travers le monde. Il est l’un des auteurs américains les plus joués en France.

DISTRIBUTION

De Tennessee Williams | Traduction Daniel Loayza
Mise en scène Claudia Stavisky

Scénographie
Alexandre de Dardel
Lumières Franck Thévenon
Costumes Agostino Cavalca
Son Jean-Louis Imbert
Assistant à la mise en scène Eric Lehembre
Avec Philippe Awat, Jean-Pierre Bagot, Patrice Bornand, Christiane Cohendy, Laure Marsac, Clothilde Mollet, Stéphane Olivié-Bisson, Alain Pralon

Production Célestins – Théâtre de Lyon | Centre dramatique national des Alpes – Grenoble | Les Châteaux de la Drôme – Établissement public du Département Avec le soutien du Département du Rhône