SAISON 13 | 14 DOM JUAN REVIENT DE GUERRE


© Jun Takagi
PRÉSENTATION
Dom Juan est fatigué. Au sortir de l’horreur de 14-18, l’homme a perdu de sa superbe. Il va son chemin dans une Allemagne aux prises avec la crise, à la recherche de la fiancée qu’il a jadis abandonnée. Elle est morte. Il l’ignore. Et chaque femme qu’il rencontre est comme une facette de cet idéal perdu. En 1935, alors qu’Hitler est au pouvoir, Ödön von Horváth se retourne sur le passé tout proche de l’Allemagne, le moment où « toutes les valeurs ont été bousculées », l’époque où, au lendemain de la guerre, l’Allemagne, déboussolée, tente de renaître de ses cendres dans le tourbillon de l’inflation. Chaque metteur en scène possède un auteur fétiche. Pour Jacques Osinski, il s’agit assurément d’Ödön von Horváth. C’est avec lui que le metteur en scène fit ses débuts de manière professionnelle avec Foi, amour, espérance. Vint ensuite Sladek, soldat de l’armée noire puis, pour l’arrivée du metteur en scène à la tête du Centre dramatique national des Alpes, Un fils de notre temps. Ecrite pour un « Dom Juan et trente-cinq femmes », Dom Juan revient de guerre laisse apparaître un héros en creux et fait la part belle aux femmes. C’est sans doute ce qui a séduit Jacques Osinski. Refusant les règles d’un monde désormais révolu, ce sont elles qui mènent la danse.
Avec une force encore trop méconnue, Horváth jette sur son époque un regard d’une lucidité presque dérangeante. Classé par les nazis parmi les « auteurs dégénérés », il a le courage de montrer ce qu’on préfèrerait ne pas voir. Âprement ironique, le dramaturge décrit dans Dom Juan revient de guerre, un monde qui a tourné, une époque où l’argent se fait roi et où chacun se cherche sans se trouver, une époque, en vérité, qui fait étrangement écho à la notre. En des temps troublés, peut-on encore croire en un idéal ? Rien n’est moins sûr semble dire Horváth. Mais cela peut s’avérer nécessaire.
ÖDON VON HORVATH
“Je n’ai pas de pays natal et bien entendu je n’en souffre aucunement. Je me réjouis au contraire de ce manque d’enracinement, car il me libère d’une sentimentalité inutile… »
Ödön von Horvath est né en 1901 dans une famille noble et voyageuse, hongrois de langue et de culture allemande, Ödön von Horváth perçoit dès 1927 les périls qui menacent l’Allemagne. Il commence à publier en 1922. En 1927, il s’installe à Berlin. Il écrit Le Funiculaire et Sladek, soldat de l’armée noire. Viennent ensuite les pièces Nuit italienne et Casimir et Caroline et le roman, L’Eternel petit bourgeois. En même temps que la notoriété, ces textes attirent sur lui les foudres des milieux nationalistes. En 1931, il reçoit le prix Kleist, la plus haute récompense littéraire de l’époque, pour Légendes de la forêt viennoise. Certains critiques le prennent violemment à partie. En 1933, il est interdit sur les scènes allemandes. Il quitte l’Allemagne et s’installe à Vienne. Il y écrit de nouvelles pièces (Foi, Amour, espérance, Figaro divorce…). Son roman Jeunesse sans Dieu est publié chez l’éditeur des exilés Allert de Lange à Amsterdam. Très vite, il est traduit en huit langues. Son dernier roman Un fils de notre temps, paraît à Amsterdam en 1938. Après l’entrée des troupes allemandes en Autriche, Horváth prend définitivement le chemin de l’exil. Il quitte Vienne pour Budapest, puis Prague en passant par la Yougoslavie, Trieste, Venise, Milan, Zurich et Amsterdam. Le 26 mai, il arrive à Paris, où il rencontre Robert Siodmak pour parler de l’adaptation cinématographique de Jeunesse sans Dieu. Il rêve qu’il se fait écraser par un arbre. Le 1er juin 1938, une tornade éclate sur Paris. Sur les Champs-Elysées, une branche d’arbre s’abat sur Ödön von Horváth. Il est tué sur le coup.
Ödön von Horvath est né en 1901 dans une famille noble et voyageuse, hongrois de langue et de culture allemande, Ödön von Horváth perçoit dès 1927 les périls qui menacent l’Allemagne. Il commence à publier en 1922. En 1927, il s’installe à Berlin. Il écrit Le Funiculaire et Sladek, soldat de l’armée noire. Viennent ensuite les pièces Nuit italienne et Casimir et Caroline et le roman, L’Eternel petit bourgeois. En même temps que la notoriété, ces textes attirent sur lui les foudres des milieux nationalistes. En 1931, il reçoit le prix Kleist, la plus haute récompense littéraire de l’époque, pour Légendes de la forêt viennoise. Certains critiques le prennent violemment à partie. En 1933, il est interdit sur les scènes allemandes. Il quitte l’Allemagne et s’installe à Vienne. Il y écrit de nouvelles pièces (Foi, Amour, espérance, Figaro divorce…). Son roman Jeunesse sans Dieu est publié chez l’éditeur des exilés Allert de Lange à Amsterdam. Très vite, il est traduit en huit langues. Son dernier roman Un fils de notre temps, paraît à Amsterdam en 1938. Après l’entrée des troupes allemandes en Autriche, Horváth prend définitivement le chemin de l’exil. Il quitte Vienne pour Budapest, puis Prague en passant par la Yougoslavie, Trieste, Venise, Milan, Zurich et Amsterdam. Le 26 mai, il arrive à Paris, où il rencontre Robert Siodmak pour parler de l’adaptation cinématographique de Jeunesse sans Dieu. Il rêve qu’il se fait écraser par un arbre. Le 1er juin 1938, une tornade éclate sur Paris. Sur les Champs-Elysées, une branche d’arbre s’abat sur Ödön von Horváth. Il est tué sur le coup.
DISTRIBUTION
De Ödön von Horváth | Traduction René Zahnd et Hélène Mauler
Mise en scène Jacques Osinski
Scénographie Christophe Ouvrard
Lumières Catherine Verheyde
Costumes Hélène Kritikos
Dramaturgie Marie Potonet
Construction du décor Ateliers du CDNA
Réalisation des costumes Ateliers du CDNA
Avec Caroline Chaniolleau, Noémie Develay-Ressiguier, Jean-Claude Frissung, Delphine Hecquet, Agathe Le Bourdonnec, Alice Le Strat, Alexandre Steiger
Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble | Coréalisation MC2: Grenoble
Mise en scène Jacques Osinski
Scénographie Christophe Ouvrard
Lumières Catherine Verheyde
Costumes Hélène Kritikos
Dramaturgie Marie Potonet
Construction du décor Ateliers du CDNA
Réalisation des costumes Ateliers du CDNA
Avec Caroline Chaniolleau, Noémie Develay-Ressiguier, Jean-Claude Frissung, Delphine Hecquet, Agathe Le Bourdonnec, Alice Le Strat, Alexandre Steiger
Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble | Coréalisation MC2: Grenoble