SAISON 11 | 12 IVANOV

© Jun Takagi

© Jun Takagi
IVANOV
Ivanov a trente-cinq ans. Plus jeune, il a épousé Anna Pétrovna, une jeune femme juive que ses parents, refusant un “mariage mixte”, ont déshéritée. Maintenant Ivanov n’aime plus Anna. Elle est malade. Il la néglige. Ils vivent, au bord de la faillite, dans leur domaine en compagnie de l’oncle Chabelski et de l’intendant Borkine. Le jeune médecin Lvov leur rend visite régulièrement. Il s’inquiète pour la santé d’Anna. L’attitude d’Ivanov envers son épouse le scandalise. Un peu plus loin vivent les riches Lébédev et leur fille, la jeune Sacha. Ce qui doit arriver arrive : Sacha tombe amoureuse d’Ivanov, le mélancolique… Mais Ivanov a-t-il encore la force d’y croire ? Ivanov est le reflet fidèle d’une vie, avec ses errements et sa force. Comment être soi dans un monde où les façons d’êtres et de penser sont immuables ? "N’épousez ni des juives, ni des psychopathes, ni des bas-bleus, trouvez-vous quelque chose de banal, de bien terne, sans éclat, qui ne fasse pas trop de bruit. En général, toute votre vie, construisez-la sur des lieux communs" conseille Ivanov à Lvov. Lui, n’a pas fait ce choix. Mais peut-on vivre en dehors des lieux communs ? C’est bien là le drame ou la comédie…
NOTE D'INTENTION
Un soir, Anton Tchekhov va au théâtre. En sortant, il est dubitatif. On le défie alors d’écrire une pièce. Pari tenu. En quelques semaines, le jeune homme écrit Ivanov. Mais la première est houleuse. Cette comédie d’un genre nouveau déconcerte. On ne la jouera plus. Ecoutant les critiques, Tchekhov écrit une nouvelle version de la pièce, la transformant au passage en drame. Elle emporte l’adhésion. C’est elle qui sera désormais représentée. Pourtant on peut préférer la première version. Plus abrupte, plus énigmatique, plus féroce, elle possède une finesse et une insolence rare. C’est grâce à la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan qu’on l’a redécouverte en France. Jacques Osinski, séduit, a voulu faire entendre le texte dans toute sa nouveauté et son étrangeté. Dans une maison qui se transforme au gré des changements de tableaux, les personnages de Tchekhov vivent leur vie sous nos yeux.
ANTON TCHEKHOV
Anton Pavlovitch Tchekhov est né en 1860, à Taganrog, petit port de la mer d’Azov. Issue d’une lignée de serfs, sa famille vit très simplement. En 1876, son père, marchand, se réfugie à Moscou pour échapper à la prison pour dettes. Tchekhov reste seul à Taganrog pour terminer ses études. En 1879, il rejoint sa famille à Moscou et entreprend des études de médecine. Pour faire vivre les siens, il collabore à des revues humoristiques. En 1882, il écrit un premier drame auquel on donnera plus tard le nom de Platonov, refusé par le théâtre Maly, ainsi qu’une autre pièce Sur la grand-route, interdite par la censure. Il s’installe à Moscou en tant que médecin en 1884 tout en continuant à écrire. En 1886, il débute dans Temps nouveau, grand quotidien dont le directeur, Souvorine, deviendra son ami et éditeur. L’année suivante, la première version d’Ivanov suscite la polémique. Une nouvelle version de la pièce rencontre le succès deux ans plus tard. Tchekhov écrit également de nombreux récits (La Steppe, Lueurs, Une banale Histoire…). En 1890, il entreprend un long voyage qui le mène à l’île de Sakharine où sont détenus les forçats. Il veut voir comment vivent ceux que la société a relégués. Son récit L’Ile de Sakhaline dans lequel il dénonce leurs affreuses conditions de vie sera à l’origine de réformes. En 1892, Tchekhov achète une propriété près de Moscou. Il y écrira une grande partie de son œuvre. Il soigne gratuitement les paysans, fait construire une école et s’engage activement contre la famine qui sévit à l’époque. Il s’engage de plus en plus à gauche, s’éloignant de son ami Souvorine. En 1898, La Mouette triomphe au Théâtre d’Art de Stanislavski. Oncle Vania (1899), Les Trois Sœurs (1900) et La Cerisaie (1904) y seront ensuite créées. Il continue également d’écrire des récits. Atteint de la tuberculose, Tchekhov doit s’installer en Crimée et se rend plusieurs fois en Allemagne et en France pour se soigner. En 1903, il se marie avec Olga Knipper, comédienne du Théâtre d’Art dont il sera très souvent éloigné puisqu’il est contraint de vivre en Crimée tandis qu’Olga poursuit sa carrière à Moscou. En Crimée, Tchekhov fréquente Tolstoï, qui l’influença dans sa jeunesse, et de jeunes écrivains parmi lesquels Gorki. Sa dernière pièce, La Cerisaie, est représentée en janvier 1904 au Théâtre d’Art. Le 2 juillet, Tchekhov s’éteint, en Allemagne, lors d’un voyage de cure.
DISTRIBUTION
D’Anton Tchekhov ||||| Mise en scène Jacques Osinski ||||| Traduction André Markowicz | Françoise Morvan ||||| Scénographie Christophe Ouvrard ||||| Lumières Catherine Verheyde ||||| Costumes Hélène Kritikos ||||| Dramaturgie Marie Potonet ||||| Construction du décor Ateliers du CDNA ||||| Réalisation des costumes Ateliers du CDNA ||||| Avec Véronique Alain | Vincent Berger | Delphine Cogniard | Grétel Delattre | Jean-Claude Frissung | Delphine Hecquet | Baptiste Roussillon | Stanislas Sauphanor | Arnaud Simon | Alexandre Steiger
Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble ||||| Coréalisation Théâtre de l’Ouest Parisien – Boulogne-Billancourt | MC2: Grenoble ||||| Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble ||||| Coréalisation Théâtre de l’Ouest Parisien – Boulogne-Billancourt | MC2: Grenoble ||||| Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National