SAISON 08 | 09 WOYZECK

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WOYZECK

Woyzeck est une énigme. Une oeuvre sans début ni fin, irrémédiablement changeante, toujours la même pourtant. La troisième pièce de Georg Büchner, interrompue par sa mort, ne nous laisse qu’un chantier, un ensemble de courts fragments parfois inconciliables. Pourtant, elle est un formidable matériau de théâtre. Il s’agit de trouver une unité, d’amener une fluidité dans cet état de fait brut, dans ces tableaux lapidaires, ces fragments de vie dénués de tout commentaire. Woyzeck est un bloc opaque et fou. Tout y est dit. Rien n’y est expliqué. Et c’est bien dans ce vide, dans cette absence de fioriture, dans cette épure que réside la force de la pièce. Il ne faut pas expliquer Woyzeck. Il faut s’y confronter. Son opacité est le miroir de notre propre humanité. Plus que la folie, le meurtre et l’histoire d’amour, c’est cette existence brute des faits et des personnages qui m’intéresse. Il ne s’agit pas de chercher à comprendre les raisons des agissements de Woyzeck mais de le regarder vivre. C’est alors toute l’humanité qui s’offre à notre regard. « Chaque homme est un abîme, on a le vertige quand on regarde au fond » dit Woyzeck à Marie. Ce vide qui emplit chacun des personnages de Woyzeck, et particulièrement le personnage principal, fait de ceux-ci des blocs d’humanité. C’est ce vertige qui me donne envie de me confronter à la pièce de Büchner en évitant tout réalisme, toute psychologie.

Jacques Osinski

DISTRIBUTION

De Georg Büchner ||||| Mise en scène Jacques Osinski ||||| Traduction Stéphane Braunschweig ||||| Dramaturgie Marie Potonet ||||| Scénographie et costumes Christophe Ouvrard ||||| Lumières Catherine Verheyde ||||| Construction du décor Ateliers du CDNA ||||| Avec Vincent Berger | Delphine Cogniard | Jean-Marc Frin | Alice Le Strat | David Migeot | Stanislas Sauphanor | Baptiste Roussillon | distribution en cours

Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble ||||| Coréalisation MC2 : Maison de la Culture de Grenoble

UNE TRILOGIE ALLEMANDE

Cette mise en scène sera la deuxième que je ferai en tant que directeur du Centre dramatique national des Alpes. Elle s’inscrira dans une trilogie allemande que je veux monter. A ses côtés prendront place plus tard Un fils de notre temps d’Ödön von Horváth et Dehors devant la porte de Wolfgang Borchert. Chacune de ces pièces met en scène des soldats aux prises avec la violence du monde. Dans chacune d’elles, un homme est broyé par une idéologie ou confronté à son absence. Cette question hante tout mon parcours et n’est pas sans écho avec le monde d’aujourd’hui. En montant ces pièces venues d’un passé pas si lointain, il s’agit pour moi d’interroger l’avenir.

Jacques Osinski