SAISON 09 | 10 WOYZECK



WOYZECK

Woyzeck est le point de départ de la Trilogie de l’errance. C’est aussi le socle sur lequel s’est construit le théâtre d’aujourd’hui. Un socle paradoxal puisque la pièce n’a pas été achevée et qu’elle est faite de courts fragments que chaque metteur en scène s’échine à assembler ou à désassembler. Mais un socle tout de même. C’est d’ailleurs sans doute cet inachèvement qui fait la force de Woyzeck. On ne peut la définir ni l’enfermer dans des cases. Elle est pour le metteur en scène un espace de liberté, un formidable terrain de jeu qui permet d’interroger l’avenir sur les ruines du passé.

Ecrite il y a plus de 170 ans par un jeune homme de vingt-trois ans qui aurait voulu changer le monde tout en sachant que ce n’était pas possible, Woyzeck a pris au cours des années une puissance particulière. La pièce semble toucher à ce qu’il y a de plus enfoui dans l’humanité, révéler des vérités cachées. Elle est de ces pièces qui fascinent les metteurs en scène. Il semble que chacun d’entre eux doive proposer un jour son Woyzeck, comme il proposera un autre jour son Hamlet. Il n’y a pas un Woyzeck mais des Woyzeck.

NOTE D'INTENTION

La version de Jacques Osinski est comme un retour aux sources. Il veut éviter les visions toutes faites, les tentations de plaquer des images d’aujourd’hui sur une pièce d’hier et proposer une lecture ouverte de la pièce. Il s’agit de retrouver les interrogations de ce jeune homme de vingt-trois ans qui écrivait sa pièce à une époque tourmentée, à une époque charnière (comme la nôtre) où le passé n’en finissait pas de mourir sans que l’avenir se dessine clairement. Jacques Osinski nous raconte une histoire tout en respectant l’aspect fragmenté de la pièce. Il lie les scènes et, en même temps, crée des ellipses. C’est le parcours de Woyzeck qui l’intéresse. Nous sommes dans son espace mental. Qu’y a-t-il dans la tête de Woyzeck ? Nul ne le sait. Pourtant l’humanité suinte de Woyzeck. Cette humanité, Jacques Osinski nous la fait retrouver en instillant des notes de réel dans l’artifice de la pièce car une chose est sûre : l’opacité de Woyzeck éclaire notre monde…

LA PRESSE

“Un spectacle d’une pureté tragique exceptionnelle qui s’appuie sur la traduction sans peur de Stéphane Braunschweig. C’est un travail d’une intelligence radieuse. Lignes claires, âmes sombres, musicalité d’une éblouissante précision de huit interprètes subtils à saluer. Un jeu à hauteur de ciel et d’enfer.”

Armelle Héliot, Le Figaro

GEORG BÜCHNER

Georg Büchner eut une trajectoire fulgurante. Lorsqu’il meurt, inconnu, à vingt-trois ans, il vient d’être promu professeur à l’université. Il a étudié la philosophie et possède une formation scientifique extrêmement solide. Il a traduit Victor Hugo, écrit un récit et trois pièces… Aucune de ses pièces n’a été jouée de son vivant. Elles sont aujourd’hui devenues des classiques qui nous parlent avec une force que, selon les mots de Marthe Robert, leur époque était “sans doute loin de soupçonner”. Il a à peine dix-sept ans quand la révolution française de 1830 éclate : comme beaucoup de jeunes allemands, il s’enthousiasme pour les idées de liberté. Il fréquente les groupes d’opposition républicains.

Étudiant l’histoire de la Révolution française, il écrit La Mort de Danton. Sous le coup d’un mandat d’arrêt, il s’enfuit de la Hesse et trouve refuge à Strasbourg. Il se lance dans la traduction de Marie Tudor et de Lucrèce Borgia de Victor Hugo. Il entame Lenz, sa seule œuvre en prose, description d’un esprit entraîné vers la folie. Ses études le mènent à des recherches universitaires en biologie. En 1836, il achève sa thèse qui porte sur le système nerveux du barbeau. Il rédige alors sa comédie Léonce et Léna et débute Woyzeck qui restera inachevée. Il devient docteur à l’université de Zürich, où il décide de résider. Il meurt le 21 février 1837. En quelques œuvres, il aura eu le temps de marquer profondément la littérature allemande.

DISTRIBUTION

De Georg Büchner ||||| Mise en scène Jacques Osinski ||||| Traduction Stéphane Braunschweig ||||| Assistant à la mise en scène Alexandre Plank ||||| Dramaturgie Marie Potonet ||||| Avec Vincent Berger | Delphine Cogniard | Jean-Marie Frin | Alice Le Strat | David Migeot | Baptiste Roussillon | Stanislas Sauphanor | Arnaud Simon ||||| Scénographie et costumes Christophe Ouvrard ||||| Lumières Catherine Verheyde ||||| Construction des décors ateliers du CDNA ||||| Réalisation des costumes ateliers du CDNA

Production Centre dramatique national des Alpes - Grenoble ||||| Coréalisation MC2: Grenoble ||||| Avec la participation du Jeune théâtre National