ENTRÉE LIBRE :
LE CYCLE DE LECTURES DE TEXTES CONTEMPORAINS

lectures

LE TEST

de Lukas Bärfuss
Traduction Johannes Honigmann / L’Arche Editeur

Mercredi 16 juin | 19h30 | MC2 : Petit Théâtre
Entrée libre. Renseignements Anne Meric 04 76 00 79 65 meric@cdna.fr

Lecture dirigée par Jacques Osinski
Avec Véronique Alain | Vincent Berger | Delphine Cogniard | Jean-Claude Durand | David Migeot
Production
Centre dramatique national des Alpes - Grenoble

Frantzeck insinue le doute dans l’esprit de son ami, Pierre : est-il vraiment le père de son enfant ? La fidélité de son épouse n’est-elle pas un leurre et son bonheur une illusion ? Le poison opère et d’un jeune mari comblé, il fait de Pierre un être angoissé et suicidaire… Son père, Simon, n’a qu’un seul objectif : gagner les prochaines élections. Ainsi il passe à côté de son fils, qui aurait besoin de lui.

Extrait >>>SIMON
Bonne nouvelle, Pierre. Tu n’es pas coupable à ses yeux. Bien entendu, elle trouve que tu es un faible, un petit pourceau veule et lâche, parce que tu ne lui dis pas en face et envoies ton vieux père le faire à ta place. Quant à l’acte lui-même, elle le considère comme une atteinte aux valeurs les plus sacrées, comme une irréparable perte de confiance. Pas son acte. Le tien. Le test.

Lukas Bärfuss est né en 1971 près de Berne en Suisse. En 1997 à Zürich, il fonde avec le metteur en scène Samuel Schwartz le groupe de théâtre 400 asa, pour lequel il écrit ses premières pièces. Il en a écrit aujourd’hui treize. En 2003, il est élu meilleur jeune dramaturge de l’année par la revue allemande Theater Heute pour Les névroses sexuelles de nos parents créé à Bâle. La pièce est créée en français par Bruno Bayen au Théâtre Vidy-Laudsanne en 2004. Lukas Bärfuss publie son premier roman Les hommes morts chez Suhrkampf en 2002 (traduit par Bruno Bayen, chez Mercure de France en 2006). Ses pièces Les névroses sexuelles de nos parents, L’amour en quatre tableaux et Le test sont publiées aux Editions de l’Arche. Durant la saison 2008-2009, les pièces de Lukas Bärfuss ont été créées à Hamburg, Toronto, Santiago de Chile, Lausanne, Belgrade, New-York…

CINQ JOURS EN MARS

de Toshiki Okada
Traduction Corinne Atlan / Editions Association japonaise des dramaturges

Mercredi 17 mars | 19h30 | MC2 : Petit Théâtre
Entrée libre. Renseignements Anne Meric 04 76 00 79 65 meric@cdna.fr

Lecture dirigée par Alexandre Plank
Avec
les comédiens du CDNA
Production
Centre dramatique national des Alpes - Grenoble

Le 19 mars 2003, l’armée américaine commence à bombarder l’Irak. L’espace de cinq nuits dans un love hôtel, tandis que se déroulent au Japon les manifestations contre l’invasion américaine en Irak, sept acteurs-danseurs se relaient pour « raconter », joignant les gestes à la parole, leurs histoires de couple et leur engagement politique.
La quasi-insignifiance de leurs actions quotidiennes renvoie à la question de leur engagement. Ces jeunes semblent ne pas se sentir concernés par cette guerre, et paraissent ne s’intéresser qu’aux choses futiles, au sexe.

Extrait >>>ACTEUR 1  (au public)
Bon alors, euh, maintenant je vais vous présenter la pièce intitulée « Cinq jours en mars », alors le premier jour, enfin d’abord je vais vous situer le cadre, donc ça se passe au mois de mars l’année dernière, et un matin, Minobe, euh oui, c’est l’histoire d’un type qui s’appelle Minobe, un matin donc, Minobe se réveille dans une chambre d’hôtel et il se dit : non mais qu’est-ce que je fous ici ? En plus il y a une fille à côté de lui, genre, j’la connais pas c’est qui cette meuf ? Elle a l’air de dormir, et là il se souvient tout de suite et il fait « Ah ! Oui c’est vrai, la nuit dernière », ce qui veut dire « Ah ! Oui, c’est vrai la nuit dernière j’étais complètement bourré, ça y est je me rappelle, on est dans un Love Hotel à Shibuya » bref, il se souvient immédiatement de ce qui s’est passé.

Né à Yokohama en 1973, Toshiki Okada est diplômé en commerce à l’Université Keiô. Etudiant, il est influencé par Oriza Hirata et par Bertold Brecht. Il fonde en 1997 la Compagnie Chelfitsch (prononciation enfantine de l’anglais « selfish »). Il y est auteur et metteur en scène. Toshiki Okada utilise dans ses pièces le « slangy » japonais ainsi qu’un langage gestuel quasi chorégraphique qui reproduit les mouvements de la jeunesse japonaise. Ce travail, fondé sur des mouvements oscillants et répétitifs, a séduit les milieux du théâtre et de la danse. Chelfitsch a ainsi participé à la finale du Toyota Choreography Award en 2005, dans la catégorie « meilleur jeune chorégraphe ». Parmi ses créations : Les méfaits de la marijuana (2003), Climatisation (Toyota Choreography Award 2005) et Destination (2005). En 2005, sa pièce Cinq jours en mars remporte le Kishida Drama Award. Free Time (2008) est sa dernière création.

LA DANSE DU FUMISTE

de Paul Emond
Editions Labor, Espace Nord, Bruxelles

Mardi 18 mai | 19h30 | MC2 : Petit Théâtre
Entrée libre. Renseignements Anne Meric 04 76 00 79 65 meric@cdna.fr

Lecture dirigée par Marie Potonet
Avec
les comédiens du CDNA
Production
Centre dramatique national des Alpes - Grenoble

Puisqu’on vous a monté ce bateau-là, eh bien, bienvenue à bord, rhytmez exactement votre respiration sur celle du texte que vous entendrez et pour le reste on s’occupe de tout, ne craignez ni le tangage du récit, ni le roulis des images, il n’y a qu’à danser et on vous fera danser, vogue, vogue la galère au grand vent du large et à vous l’infini des mots, à vous le chant des sirènes, à vous la belle histoire, la vague et joyeuse histoire de celui dont l’ombre légère et zigzagante prit un jour la orme du bien nommé Caracala, puis en fumée s’en alla !...

Paul Emond


Extrait >>>Ce gars-là, il parlait comme un livre, il causait comme on respire, j’aime autant vous dire qu’il n’était pas du genre à avoir la langue qui fourchait ni à devoir la tourner sept fois dans la bouche avant de s’exprimer, tout le monde s’arrêtait pour l’écouter et s’il avait fait de la politique il serait ministre à l’heure qu’il est, souvent il se mettait à parler pour le seul plaisir de parler et l’histoire suivait dans la foulée, les gens l’aimaient bien, c’était un boute-en-train comme on n’en fait plus car à l’époque on savait vivre, quand ça prenait aux tripes on fonçait droit devant sans s’arrêter, on pouvait boire toute la nuit, passer la journée frais comme une rose et s’y remettre la nuit d’après, il arrivait même qu’on se réveille dans un fossé, c’est là qu’une fois les gendarmes m’avaient trouvé et ils m’avaient ramené à la maison, ma mère criait t’as pas un peu fini de nous déshonorer, dis, t’as pas honte, il faut vous dire qu’il y avait trois jours qu’on était en route avec mon gars et qu’on était passés par tous les cafés à dix kilomètres à la ronde, et finalement il était resté avec une jeune fille parce que vous n’imaginez pas le succès qu’il avait auprès des demoiselles.
Paul Emond est bruxellois. Auteur de romans et essayiste, il se tourne de plus en plus vers le théâtre. Ses pièces et adaptations théâtrales l’ont amené à des compagnonnages artistiques avec des metteurs en scène et des acteurs d’esthétiques souvent très différents (diversité dont il s’est toujours réjoui). Publiées pour la plupart aux Editions Lansman, ses pièces ont été montées en Belgique et en France ; certaines également aux Etats-Unis et en Angleterre, et dans plusieurs pays d’Europe centrale. Parmi ses textes récents : une adaptation de Tristan et Yseult pour le théâtre forain des Baladins du Miroir ; Dracula toujours vivant au Théâtre des Martyrs à Bruxelles ; Il y a des anges qui dansent sur le lac, monté à Strasbourg par la Compagnie Oc&Co. La revue Alternative Théâtrales lui consacre un dossier dans son numéro 60. La danse du fumiste est actuellement en cours de production (Théâtre Poème à Bruxelles / Compagnie Septentrion à Paris).

APRÈS CETTE JOURNÉE DE BONHEUR

de Gerhild Steinbuch
Traduction Henri Chritophe

Mercredi 14 octobre | 19h30 | MC2: Petit Théâtre
Entrée libre. Renseignements 04 76 00 79 65

Lecture dirigée par Marie Potonet
Avec les comédiens du CDNA
Production Centre dramatique national des Alpes - Grenoble

Résumé >>>Après un long temps d’absence, une jeune femme, Marie, revient dans la maison de sa mère. Elle y a amené son amoureux, Paul. Ensemble ils essaient de fêter l’anniversaire de la mère. C’est la première fois que les deux femmes se revoient depuis une dispute. Mais le passé revient en force. La maison est sombre, inamicale. Les tensions entre la mère et la fille sont de plus en plus mises à jour.  Peu à peu, Paul, fasciné par la mère, se met à changer. L’atmosphère devient irrespirable. Marie tente de s’échapper.
Gerhild Steinbuch est née en 1983 à Mödling (Autriche). Lauréate du Concours dramatique de la Schaubühne de Berlin en 2004, elle a depuis lors reçu de nombreux prix. Une écriture concise, avec des espaces de grande liberté et de poésie, qui sait dessiner, sculpter des personnages quotidiens, dans des situations simples… La beauté de sa langue, la force de son imaginaire pénètrent profondément dans les cœurs et l’esprit. Ses principaux textes sont : La tête éteinte (Kopftot, 2003), Après cette journée de bonheur (Nach dem glücklichen Tag, 2005), Se coucher (schlafengehn, 2006), Disparaître ou l’abolition de la nuit (Verschwinden oder Die Nacht wird abgeschafft, 2007) ; Des êtres, tailles enfant (Menschen in Kindergrössen, 2008).

LE THÉÂTRE DE NOTRE TEMPS

Au théâtre, l’un des moments les plus magiques est toujours le moment de la première lecture, ce moment où les comédiens s’emparent d’un texte pour en faire du théâtre… Depuis l’année dernière, le CDNA est associé avec le Théâtre du Rond-Point à Paris pour mettre en lumières de nouveaux auteurs. L’an passé, Marius von Mayenburg, Steve Laplante, Ariane Zarmanti et Letizia Russo furent mis sous le feu des projecteurs dans des mises en lecture, tour à tour joyeuses ou troublantes, véritablement appréciées du public. Des “premières fois” fortes et fragiles où l’émotion affleurait souvent… Venus de tous les horizons, les auteurs que nous choisissons ont en commun de dire avec pertinence le monde d’aujourd’hui. Cette année encore, nous espérons vous faire partager nos découvertes car le théâtre ne serait rien sans la vivacité de l’écriture. Qui seront les auteurs de demain ? Nous ne le savons pas encore, mais nous parions sur l’avenir. Venez partager nos coups de cœur ! Entrée Libre vous propose quatre moments de rencontres entre un texte et ses contemporains. Quatre moments de théâtre vrai.