SAISON 10 | 11 LE MOCHE

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LE MOCHE

Lette est laid. Irréductiblement. Absolument, définitivement laid. Pourtant il ne s’en est jamais aperçu. Le jour où son patron lui interdit d’aller présenter son invention à un congrès et envoie son assistant à sa place, Lette comprend pourtant : son visage est une catastrophe. Sa femme, elle-même, le dit. Alors Lette va voir un chirurgien et se fait refaire le visage. Le voici devenu beau. Tellement beau que toutes les femmes tombent amoureuses de lui, tellement beau qu’il se met à vendre des brevets à la pelle, tellement beau que tout le monde veut lui ressembler… On se précipite chez le chirurgien pour avoir ce visage sublime. Et voici que Lette se dilue en une multitude de reflets. On ne sait plus qui est qui. Toute l’humanité se fond en un seul visage.

NOTE D'INTENTION

En 2008, les spectateurs d’Entrée Libre à Grenoble et des Mardis midi du théâtre du Rond-Point à Paris découvraient Le Moche de Marius von Mayenburg lors d’une lecture joyeuse et spontanée. Aujourd’hui, Jacques Osinski met en scène la pièce avec la même énergie. On dit de certaines pièces qu’elles sont des « pièces à jouer », des morceaux de plaisir pour les comédiens. Assurément Le Moche est de celles-là. Nul artifice dans ce terrain de jeu pour quatre comédiens, solide comme un Feydeau. Mais un plaisir évident, celui de jouer. Sur fond de capitalisme et de solitude, l’écriture se déroule, les répliques fusent. L’espace et le temps sont condensés. On passe d’un lieu à l’autre, d’un personnage à l’autre comme sans y penser.

Lette, c’est Jérôme Kircher, acteur phare de sa génération. Delphine Cogniard s’amuse à être trois femmes en une, toutes trois prénommées Fanny, tandis que Frédéric Cherboeuf promène avec élégance, deux Scheffler, l’un patron, l’autre chirurgien et qu’un quatrième larron, Pierre Moure, joue deux Karlmann, l’éternel rival. Présents en permanence sur le plateau, les quatre complices passent d’un rôle à l’autre sans jamais changer de costume. Sans maquillage non plus, beauté et laideur sont amovibles…

Brillante variation sur le monde contemporain, Le Moche pousse jusqu’à l’absurde nos façons d’être. Comme dans une cour de récréation, on y joue sérieusement. On soulève des questions profondes sans s’appesantir, avec l’élégance d’en sourire. Une promesse de légèreté.

MARIUS VON MAYENBURG

Marius von Mayenburg est sans doute l’un des auteurs contemporains les plus importants. Né à Munich en 1972, il fait d’abord des études de langue, littérature et civilisation allemande ancienne. De 1994 à 1998, il suit les cours d’écriture scénique au Conservatoire de Berlin. Très vite, il écrit ses premières pièces, notamment Feuergesicht (Visage de feu) mis en scène par Jan Bosse au théâtre Kammerspiele de Munich puis par Thomas Ostermeier à Hambourg. La pièce reçoit le prestigieux Prix Kleist et le prix de la Fondation des auteurs de Francfort. Très vite, le succès devient international. Visage de feu est créé en Grèce, en Pologne et en Hongrie. En 1998, Marius von Mayenburg participe aux côtés de Thomas Ostermeier à la direction artistique de la « Baracke » du Deutsches Theater à Berlin. En 1999, il accompagne le metteur en scène à la prestigieuse Schaubühne de Berlin, où il exerce les fonctions de dramaturge, traducteur (notamment de Sarah Kane) et conseiller artistique. Rapidement il devient une figure incontournable du théâtre contemporain. Ses pièces Parasites, L’enfant froid, Eldorado, Turista… sont jouées dans toute l’Europe et au-delà. En France, elles sont publiées par L’Arche et jouées régulièrement dans les théâtres les plus prestigieux tels le théâtre de la Colline (Visage de feu, dans une mise en scène d’Alain Françon en 2001, La Pierre dans une mise en scène de Bernard Sobel en 2010) ou le théâtre du Rond-Point (L’Enfant froid, mis en scène par Christophe Perton en 2005). Le Moche et Le Chien, la nuit et le couteau traduits par Hélène Mauler et René Zahnd et publiés par L’Arche en 2008 font partie de ses pièces les plus récentes.

DISTRIBUTION

De Marius von Mayenburg lllll Traduction Hélène Mauler et René Zahnd lllll Mise en scène Jacques Osinski lllll Avec Frédéric Cherboeuf | Delphine Cogniard | Jérôme Kircher | Pierre Moure lllll Dramaturgie Marie Potonet lllll Scénographie Lionel Acat lllll Costumes Hélène Kritikos lllll Lumières Catherine Verheyde lllll Collaboration artistique Alexandre Plank lllll Construction du décor Ateliers du CDNA lllll Réalisation des costumes Ateliers du CDNA

Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble lllll Coréalisation Théâtre du Rond-Point – Paris | MC2 : Grenoble