SAISON 10 | 11 LE CHIEN, LA NUIT ET LE COUTEAU

5

LE CHIEN, LA NUIT ET LE COUTEAU

Il y a quelque chose de très ancien dans Le Chien, la nuit et le couteau, quelque chose d’archaïque et d’enfantin. La pièce remonte aux premières terreurs, celles de l’enfance. Elle fait penser aux comptines de ce temps-là, chansons tranquilles où la mort rôde. Elle rappelle les contes, ces histoires où on affronte la peur simplement, sans faire semblant. Comme K., le héros du Procès de Franz Kafka, amené à mourir, une nuit, « comme un chien », entouré de deux messieurs armés d’un couteau, M., le personnage de Le Chien, la nuit et le couteau est entraîné dans une fuite surréaliste. Dans un quotidien devenu inquiétant, M. rencontre d’étranges personnages. Sont-ils encore humains ? La mort et la faim rôdent. Un couteau est là. M. n’a d’autre choix que de s’en servir…

NOTE D'INTENTION

Héritier de Büchner et Horváth, Marius von Mayenburg nous offre avec Le Chien, la nuit et le couteau une pièce importante, un cauchemar éveillé qui a aussi la beauté des rêves. Denis Lavant, Maud Le Grévellec et Frédéric Cherboeuf donnent corps à une écriture dense, magnifique, précise tandis que Jacques Osinski met le rêve en image. Le metteur en scène compare la pièce à un film de David Lynch, dans lequel tout se déroule avec l’évidence du rêve. M. perdu dans la ville-jungle a aussi quelque chose de la solitude du Woyzeck de Büchner et du Beckmann de Wolfgang Borchert, héros de la Trilogie de l’errance qu’il présenta la saison dernière. Sa mise en scène de Le Chien, la nuit et le couteau promet de s’inscrire dans la lignée de ses spectacles les plus sincères et les plus personnels.

« Qu’est-ce qui en nous ment, assassine, vole ? Je n’ai pas envie de poursuivre plus avant cette idée. Mais si je pouvais poser sur ton sein ce cœur froid et martyrisé » notait Büchner dans une célèbre lettre. Cent soixante-quinze ans après, Mayenburg se pose la même question et trouve sans doute la même réponse. Il y a une terrible tendresse dans Le Chien, la nuit et le couteau. Derrière le cauchemar vit un rêve de fusion, la possibilité d’une rencontre, une magnifique histoire d’amour. Qu’est-ce qui fait de nous des humains ? Peut-être la capacité d’aimer.

MARIUS VON MAYENBURG

Marius von Mayenburg est sans doute l’un des auteurs contemporains les plus importants. Né à Munich en 1972, il fait d’abord des études de langue, littérature et civilisation allemande ancienne. De 1994 à 1998, il suit les cours d’écriture scénique au Conservatoire de Berlin. Très vite, il écrit ses premières pièces, notamment Feuergesicht (Visage de feu) mis en scène par Jan Bosse au théâtre Kammerspiele de Munich puis par Thomas Ostermeier à Hambourg. La pièce reçoit le prestigieux Prix Kleist et le prix de la Fondation des auteurs de Francfort. Très vite, le succès devient international. Visage de feu est créé en Grèce, en Pologne et en Hongrie. En 1998, Marius von Mayenburg participe aux côtés de Thomas Ostermeier à la direction artistique de la « Baracke » du Deutsches Theater à Berlin. En 1999, il accompagne le metteur en scène à la prestigieuse Schaubühne de Berlin, où il exerce les fonctions de dramaturge, traducteur (notamment de Sarah Kane) et conseiller artistique. Rapidement il devient une figure incontournable du théâtre contemporain. Ses pièces Parasites, L’enfant froid, Eldorado, Turista… sont jouées dans toute l’Europe et au-delà. En France, elles sont publiées par L’Arche et jouées régulièrement dans les théâtres les plus prestigieux tels le théâtre de la Colline (Visage de feu, dans une mise en scène d’Alain Françon en 2001, La Pierre dans une mise en scène de Bernard Sobel en 2010) ou le théâtre du Rond-Point (L’Enfant froid, mis en scène par Christophe Perton en 2005). Le Moche et Le Chien, la nuit et le couteau traduits par Hélène Mauler et René Zahnd et publiés par L’Arche en 2008 font partie de ses pièces les plus récentes.

DISTRIBUTION

De Marius von Mayenburg lllll Traduction Hélène Mauler et René Zahnd lllll Mise en scène Jacques Osinski lllll Avec Frédéric Cherboeuf | Denis Lavant | Maud Le Grévellec lllll Dramaturgie Marie Potonet lllll Scénographie Lionel Acat lllll Costumes Hélène Kritikos lllll Lumières Catherine Verheyde lllll Musique Dayan Korolic lllll Collaboration artistique Alexandre Plank lllll Construction du décor Ateliers du CDNA lllll Réalisation des costumes Ateliers du CDNA

Production Centre dramatique national des Alpes – Grenoble lllll Coréalisation Théâtre du Rond-Point – Paris | MC2 : Grenoble