SAISON 09 | 10 TRILOGIE DE L'ERRANCE

TROIS SOLDATS | TROIS SOLITUDES | TROIS ERRANCES
Trois hommes confrontés à un monde qui les broie. Woyzeck, Dehors devant la porte et Un fils de notre temps parlent de la réalité du monde, de la difficulté d’être un homme dans un monde qui pour fonctionner s’en remet à un système et par là même perd son humanité.

TROIS SOLDATS | TROIS SOLITUDES | TROIS ERRANCES
Trois hommes confrontés à un monde qui les broie. Woyzeck, Dehors devant la porte et Un fils de notre temps parlent de la réalité du monde, de la difficulté d’être un homme dans un monde qui pour fonctionner s’en remet à un système et par là même perd son humanité.
WOYZECK
Au XIXe siècle, Büchner interroge l’humanité de Woyzeck. Woyzeck subit. La vie le traverse sans qu’il semble avoir prise sur elle. « Pauvre gars » malmené par son capitaine, il est protégé par son opacité.
UN FILS DE NOTRE TEMPS
En 1937, Ödon von Horváth, hongrois de langue et de culture allemande, écrivain sans pays natal, ennemi de tous les nationalismes, écrit Un Fils de notre temps. Dans ce roman écrit à la première personne, il saisit mieux que quiconque ce qui se joue en Europe. Confronté à l’absence d’avenir, à la faillite de ses aînés, “un pauvre chien de chômeur” se jette dans l’idée de patrie. Il s’engage dans l’armée, persuadé que celle-ci pourra lui tenir lieu de famille. En s’absorbant dans l’idéologie nazie, il croit pouvoir trouver le repos. Il finira par se laisser glisser dans le froid qui a saisi le monde.
DEHORS DEVANT LA PORTE
Dix ans plus tard, la guerre finie, Borchert décrit le retour à la réalité du soldat Beckmann revenu du front russe, mémoire et douleur de l’Allemagne, “suicidé à la manque” qui erre parmi les figures sans trouver personne à qui parler. Borchert écrit sur un monde en ruines.
Victimes de la violence du monde, Woyzeck et le héros d’Un Fils de notre temps répondent par la violence. Beckmann, qui fut lui aussi violent et violenté, s’interroge sur la nature de celle-ci. Tous trois mourront de ne pouvoir être aussi violents que le monde.
Victimes de la violence du monde, Woyzeck et le héros d’Un Fils de notre temps répondent par la violence. Beckmann, qui fut lui aussi violent et violenté, s’interroge sur la nature de celle-ci. Tous trois mourront de ne pouvoir être aussi violents que le monde.
DEUX PIÈCES ET UN ROMAN QUI SE FONT ÉCHO
Woyzeck et Beckmann regardent le monde sans espérer avoir prise sur lui. Jouées par les mêmes comédiens, dans des scénographies qui se reflètent l’une l’autre, les deux pièces se répondent sur le fond comme sur la forme. Au cœur des deux, la violence, la solitude de l’homme, la difficulté de communiquer avec les autres. Le “pauvre chien de chômeur” d’Un Fils de notre temps voudrait, lui, que le monde tourne et tourner avec lui. Un Fils de notre temps pourrait ainsi, entre les deux pièces de théâtre, être comme une tentative de dire “je” dans un monde qui ne laisse déjà plus de place à l’individu.
Ces deux pièces et ce roman se font écho et semblent pouvoir se refléter l’un dans l’autre à l’infini. Ils résonnent si fortement avec notre époque qu’il y a une vraie nécessité de les dire aujourd’hui.
Ces deux pièces et ce roman se font écho et semblent pouvoir se refléter l’un dans l’autre à l’infini. Ils résonnent si fortement avec notre époque qu’il y a une vraie nécessité de les dire aujourd’hui.